Programme

Co-développement Afrique-Europe

Les propositions de Rafik Smati


Le développement et l'émergence de l'Afrique forment l'un des plus grands défis du siècle, pesant directement sur le destin de la France et de l'Europe. Le temps est venu d'un partenariat d'égal à égal entre l'Europe et l'Afrique, et à défaut d'accord aux niveaux européen ou africain, de partenariats gagnants-gagnants entre la France et les nations africaines (en priorité les États francophones) qui le souhaiteront. Entre l'afro-optimisme naïf de ceux qui voient notre voisin du sud promis à un avenir radieux, et l'afro-pessimisme excessif de ceux qui croient l'Afrique incapable de réussir son émergence, Objectif France fait un constat lucide des opportunités et risques qui attendent ce continent pour les prochaines décennies. Nous défendons un co-développement ambitieux qui s'appuie sur les réalités de l'Afrique, ou plutôt des Afrique.

L'enjeu est tout d'abord démographique. L'Afrique compte aujourd'hui 1,3 milliard d'habitants, en comptera au moins 1 milliard de plus d'ici 2050, et devrait abriter 3 à 4 milliards d'habitants d'ici 2100. Cette forte croissance démographique est riche en opportunités pour l'Afrique, puisqu'elle soutiendra la croissance économique des pays africains et renforcera leur poids dans le monde, et pour la France, puisqu'elle entraînera une forte hausse du nombre de locuteurs du français (700 millions en 2050) et bénéficiera à notre propre économie via la croissance de nos partenaires africains. Mais cette croissance démographique concentre aussi les dangers : elle accélérera la dégradation d'environnements locaux souvent fragiles, causera des conflits liés notamment au contrôle des territoires ou ressources, pourrait excéder la croissance économique et accroître la misère, et entraînera surtout des flux migratoires incontrôlables.

C'est sur ce dernier point qu'un co-développement ambitieux avec l'Afrique apparaît comme le plus évident et le plus urgent. Une trop forte émigration nuit au développement des nations africaines, notamment lorsqu'elle concerne des jeunes qualifiés ou des familles de la classe moyenne ; une trop forte immigration fragilise la cohésion interne, le système social, la sécurité et le mode de vie des nations européennes. Demain, les flux migratoires entre États africains et vers l'Europe pourraient devenir incontrôlables : ils causeront au sud de la Méditerranée des malheurs à grande échelle, puis déstabiliseront les sociétés européennes incapables de faire face à une immigration d'une ampleur inconnue.

Notre stratégie de co-développement, que nous détaillerons bientôt, sera donc conditionnée à une réduction des flux migratoires en provenance des États africains partenaires : à court terme via des conditions strictes et des garanties mutuelles (contrôle des frontières en Afrique en contrepartie du maintien d’une aide au développement à réinventer), et à plus long terme via une stabilisation de la croissance démographique des États africains qui sera consécutive à l'amélioration du développement humain. La gestion des flux migratoires sera la priorité absolue de ce partenariat ; les deux parties en bénéficieront, puisque les États africains profiteront du maintien sur leur sol d'énergies vives qui leur font défaut en choisissant d'émigrer vers l'Europe.

Parmi les autres aspects de ce partenariat, figurera entre autres la garantie de l'indépendance des nations africaines associées : vis-à-vis des restes de la « Françafrique », qui disparaîtront dans le cadre de ces relations réinventées, et surtout vis-à-vis des puissances néocoloniales telles que la Chine, qui met en œuvre une stratégie de prédation visant à vassaliser progressivement l'Afrique. Seule une nouvelle relation entre la France, l'Europe et l'es États africains basée sur le respect des droits des peuples à disposer d'eux-mêmes et l'égalité entre États pourra éviter à l'Afrique d'être victime de nouveaux impérialismes prédateurs.

Le développement durable, entre maîtrise des ressources, développement des énergies propres, protection des environnements locaux et prévention des risques liés au dérèglement climatique, sera également au cœur des nouveaux partenariats que nous entendons nouer.

Objectif France présentera bientôt ses propositions concrètes, élaborées en lien avec des acteurs de la société civile de différentes nations africaines, pour construire un co-développement ambitieux entre l'Afrique et l'Europe (sous forme d'un « plan A »), ou entre la France et des États africains volontaires (sous forme d'un « plan B » consistant en des accords bilatéraux).



Vidéos et tribunes :

[ Tribune ] Tribune d'Aurélien Duchêne :
La francophonie, éternelle oubliée

[ Vidéo ] Vidéo de Rafik Smati :
5 milliards d'Africains en 2100 ? Une opportunité pour la France !