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Tribune

Les territoires perdus de la République ne sont pas toujours là où on le croit

J’étais il y a quelques jours en déplacement dans le Pays-Basque. Une Province française aux paysages époustouflants, au patrimoine culturel éblouissant, à la charge historique flamboyante, à la gastronomie incomparable… Une terre de tradition et de modernité, fière de ses racines, et qui n’a pas peur de l’avenir.

Ici ou là, le drapeau français côtoie le drapeau basque, des panneaux de signalisation indiquent le chemin à suivre en langue française et en langue locale. Et parfois même, dans certaines discussions, les deux langues s’entremêlent, créant une symphonie unique qui signe la singularité de cette terre bénie des cieux. Beaucoup de prénoms ne sont pas issus du calendrier traditionnel, et les Hintza, Bixente, Patxi, Oihan, Naia côtoient les Paul, Marie et Sébastien.

De tout cela, je me réjouis. Nous avons mille raisons d’être fiers de ces Provinces si singulières et si attachées à ce qu’elles sont dans leur chair. Une preuve que la France n’est pas une nation uniforme, mais une nation en mouvement, une nation qui a su s’enrichir, au fil de son histoire deux fois millénaire, de la puissance culturelle de ses territoires, créant une alchimie rare dans le monde. La culture basque fait la fierté de la France. Au même titre que les cultures bretonnes, corses, provençales, alsaciennes, kanaks, créoles et j’en passe…

Ainsi en va-t-il de la promesse républicaine, qui ne demande à personne de renoncer à ses racines, mais qui exige de chacun qu’il s’inscrive dans un projet commun, qui s’appelle la France.

Seulement, ce que j’ai pu voir de mes propres yeux au Pays-Basque, et les nombreux échanges que j’ai eus avec des maires locaux, me laissent aujourd’hui entrevoir une réalité autre : les velléités nationalistes, et parfois même indépendantistes gagnent souterrainement du terrain. Lors des élections municipales de 2020, des villes entières, et pas des moindres, sont tombées entre les mains de la mouvance Abertzale : Ciboure, Urrugne, Biriatou, Itxassou, et même Hendaye (dans le cadre d’une coalition).

Je n’écrirais pas ces lignes si cette mouvance se contentait de représenter la culture régionale dans les instances politiques. Les faits sont en réalité plus graves, car ceux dont je parle ici refusent de reconnaitre la France et la République. Et cela se matérialise de manière concrète : refus de célébrer le 14 Juillet, opérations militantes pour retirer le drapeau français du fronton d’une mairie, refus de certains Maires de porter l’écharpe tricolore à l’occasion d’un mariage, menaces et pressions à l’encontre des élus qui défendent les valeurs de la République française…

Les territoires perdus de la République ne sont pas toujours là où on le croit.

Je n’accepte pas que des pans entiers de la France, et quels qu’ils soient, puissent échapper à la fermeté qu’impose l’appartenance à la République française, quand bien même seraient-ils situés dans ce beau Pays-Basque. Et comme toujours en pareilles circonstances, les autorités politiques nationales se montrent lâchement muettes, se pressant de dissimuler la poussière nationaliste sous le tapis de grands discours creux, laissant les élus locaux abandonnés à leur propre sort.

Ce risque de fracturation de la société française doit être pris au sérieux et combattu. Mais les postures martiales ne suffiront pas. Le temps est venu de nous poser la question fondamentale de pourquoi la France, que ce soit au Pays-Basque, en Nouvelle-Calédonie, ou dans les quartiers nord de Marseille, ne fait parfois plus rêver.

Le défi qui est devant nous est immense. Depuis des années, je porte en moi la conviction que nous ne pourrons conjurer ce risque de fracture française que par le haut. Non pas en cultivant la peur et le repli, mais en renouant avec la grandeur et la puissance. Seul un projet élevé, puissant, galvanisant, positif et rassembleur pourra unir tous les enfants de France, qu’ils s’appellent Ihintza, Youssef, ou Sebastien, autour d’un futur commun et conquérant.

Cette vision d’audace doit bien sûr s’accompagner d’une vision d’ordre. Un pacte républicain moderne doit reposer sur une autorité ferme, implacable, voire impitoyable à l’endroit de tous ceux qui sortent du cadre, mais il doit aussi savoir tendre la main à tous les autres.

Réussir d’où que l’on vienne et faire aimer la France à tous : voilà le projet fantastique, historique, que nous devons porter. Et notre pays pourra à nouveau écrire une nouvelle page de l’histoire du monde.

Rafik Smati
Entrepreneur, et président d'Objectif France

11 commentaires

07-11-2021 11:56

Si je suis globalement d'accord avec ce discours, je me dois de demander une clarification. Si certaines Régions font, ou essaient de faire sécession, c'est parce que leur Histoire n'est pas assez reconnue par Paris et ses représentants. Souvent cette Histoire est tachée du sang de ces peuples qui ont été annexés contre leurs volontés. Alors il faut faire un effort de reconnaissance envers ces peuples, leur accorder plus d'importance, plus d'autonomie dans la gestion locale (là, ce fameux principe de subsidiarité, que je trouve d'une pertinence extrème, prend tout son sens). L'Education Nationale doit revoir ses programmes pour mieux parler, objectivement, de l'Histoire de France, construite en partie avec, ou malgré, ses Régions. Les langues, par exemple, doivent y être plus facilement accessibles. Si je suis un farouche défenseur de ce leitmotiv "Retrouver l'Envie de France ", je n'oublie pas que la France est faite avant tout de ses régions; je pense qu'il faut écouter et tenir compte des arguments des "régionalistes", du moins quand ceux-ci font des propositions constructives, cohérentes, et compatibles avec la République. Voilà pourquoi, je souhaite un développement de l'argumentaire de Mr Rafik Smati, que je soutiendrais de toute façon, car il est le seul à proposer un programme par ailleurs très complet et salvateur !

17-10-2021 22:39

À Euskaldunbat La France a été une chance pour le pays basque et toutes les autres régions de France. Voyagez, allez dans d’autres contrées. Vous comprendrez alors la chance que nous avons d’habiter ce merveilleux pays. Pays qui est fait de toutes ses forces régionales et de son histoire grandiose. Quel pays n’a pas de zone d’ombres ? Le pays basque même ! Et nous focalisons sur la repentance ou l’excuse doit être permanente. Hé bien non. C’est notre histoire et croyez moi il n’y a pas à en rougir au contraire.

17-10-2021 22:30

J’aime la pertinence de vos idées. Elles me semblent même toutes évidentes ! Mais quel projet ? Quel vision ? Qui pour la porter ? Il y a tant de différence, tant de cultures différentes, de vécus différents… entre quelqu’un qui vote Melenchon et quelqu’un qui, comme vous, porte un projet politique, le lien est très difficile à faire. Ce peuple français a perdu ses repères, à force d’assistanat et du manque de responsabilité qui en a découlé.

17-10-2021 15:38

Ne cherchez pas d'excuses pour nos quartiers français qui sont passés sous contrôle pour mieux vendre leur drogue et leurs armes. Cela n'a rien à voir. Et en effet, si notre pays était soudé et bien représenté, je peux vous garantir que certaines de ces régions s'en rappelleraient et seraient fières d'être ce qu'elles sont. Mais voilà ! comme depuis l'arrivée du socialisme en 1981 et l'idée du multiculturalisme par l'ouverture des frontières, du regroupement familial et des aides sociales à tout va, de l'abandon de notre industrie et de la préférence à la décentralisation, nous avons perdu nos repères, nous avons perdu ce qui faisait que nous étions fier de notre pays. Aujourd'hui oui, nous recherchons la personne en capacité de nos sauver d'un cataclysme qui risque de déboucher sur une guerre civile, si nous n'y prenons garde.

17-10-2021 15:13

Je connais le programme de M. SMATI qui comprend de bonnes propositions, mais je me demande à quoi tout cela sert si OBJECTIF France ne se présente pas ou ne s'allie pas avec un candidat au potentiel réel. Quand bien même l'argent dépensé est privé sa dépense doit avoir une finalité pour 2022 autrement cela ne sera qu'un rêve de gosse et ce serait - selon moi- dommage. Perte de temps d'énergie et d'argent POURQUOI. Alors OUI en avant .

17-10-2021 14:12

Le constat est édifiant constat d'un échec du pouvoir à faire consensus Plus personne ne se reconnait dans ce qu'on veut nous "vendre" comme projet comme image comme représentation comme avenir. Les gouvernement successifs depuis 1980 sont partis sur ce chemin de l'internalisation de l'oubli de notre histoire de ce qui fait ou à fait notre spécificité, ce pour quoi le monde nous admirait. Lors de voyages à l'étranger j'ai eu souvent l'occasion de découvrir l'amour que les japonais les coréens les européens de l'est et énormément les russes portent à notre pays surtout pour sa culture historique, son patrimoine culturel et surtout sa LANGUE . Des russes m'ont presque suivi à la trace dans une excursion pour juste avoir le bonheur de parler avec quelqu'un de france et parler français avec moi J"en avais les larmes aux yeux beaucoup d'émotion de constater cet amour de notre langue leurs yeux brillants de bonheur de dire quelques mots de notre langue qu'ils apprennent en se réunissant sans faillir semaine après semaines Et nous que faisons nous de notre langue. nous sommes en train de la tuer avec toues ces inventions stupides du genrisme, l'option OFFICIELLE de mots étrangers alors que nos mots sont tellement plus poétiques et bien d' autres tortures qui lui sont infligées Et cette attitude est en tout dans le commerce dans la dilapidation de notre patrimoine à des intérêts étrangers pour remplace l'argent qui a été dilapidé gaspillé par des "élites" de pacotille, mauvais décideurs mauvais gestionnaires, et nous compensons aussi avec des impôts superfétatoires, Comment ne pas être en colère de la situation que nous subissons sans avoir de choix, les promesses des candidats , mourant à l'instant même où ils sont élus. La constitution n'est pas adapté à la malhonnêteté ambiante qui touche beaucoup les décideurs les politiques comme les hommes d'affaires. Le pays où l'imposition est le plus forte au monde !!!!! ne s'en sort pas et dégringole derrière d'autres pays qu'on se plaisait à critique e tà plaindre auparavant il faut plus de contrôle possible de ce qui est sensé se décider au nom du peuple Il faut que l'argent soir réparti plus équitablement dans toutes les classes sociales. il faut revoir les avantages intersidéraux qu'ont certains groupes de la société : des retraites reculées de plus en plus pour les petits et des retraites dès la fin d'un ou deux mpmandats pour les politique par exemple Il y a trop d'injustices dans la répartition de la richesse nationale et le peuple en a marre vraiment marre Que les politiques ne continuent pas de croire que le peuple est naïf et qu'il gobe tout sans réfléchir

17-10-2021 13:40

Monsieur, Comme l'a dit Eric ZEMMOUR aux Corses, pour que les Français, et notamment les Basques se sentent attachés à la FRANCE, il faudrait que celle-ci se fasse enfin respecter. à l'intérieur (quartiers "sensibles") et à l'extérieur (Algérie, Maroc et même Mali). Avec Macron, c'est loin d'être le cas, pour lui la FRANCE doit passer son temps à s'excuser, . Quand il parle du "massacre du 17 octobre 1961", comme "une vérité incontestable », mais il oublie les attentats et les assassinats de FNL. Monsieur Smati ne vous trompez pas d'ennemi , les Basques ne sont pas les plus dagereux pour la FRANCE.

17-10-2021 12:06

Je suis d'accord avec vos arguments, mais qu'en est il du principe de subsidiarité ? Les volontés d'autonomie sont elles suffisamment prises en compte ? Je ne pense pas que les Basques souhaitent le désordre sur leur propre région..

17-10-2021 11:54

L’analyse est tellement à côté de la plaque que je ne sais même pas par où commencer. Résumer les « velléités » indépendantistes à une France qui « ne fait plus rêver » est faire fi de l’histoire des peuples et nier leur existences. Les peuples ont des souhaits d’indépendance, parce qu’ils sont peuple et qu’ils sont dans une configuration qui ne respecte pas leurs droits légitimes élémentaires. Leur culture est réduite au folklore et leur langue à « une langue régionale ». Comment pouvez-vous imaginer un seul instant que le roman national français peut les faire rêver? Ce roman qui consiste à construire une identité française sur une identité basque ou kanak? Ce roman qui s’est construit sur les châtiments corporels des hussards noirs de la république, pour que les enfants ne parlent plus basque mais français? Comment pouvez-vous imaginer que dans ces conditions, les basques ou autres peuples y trouvent leur compte? Votre analyse ne remet aucunement en question le modèle que la France présente à ces peuples. Vous voulez nous faire rentrer dans le giron de la république avec fermeté et autorité, pensez-vous sincèrement que ce soit une stratégie constructive? Cela ne crée que d’avantage de rejet.

17-10-2021 11:19

Merci pour cet article tres pertinent et qui resume parfaitement la situation. Les valeurs et les emblemes de la republique ne sont pas negotiables. Il faut des sanctions pour restaurer l integrite de l' etat. Ces comportements deshoneurent tous nos anciens combattants et sont des actes laches et puerils.

17-10-2021 10:52

Merci Monsieur Smati pour votre analyse pertinente et pour le chemin que vous tracez.

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